Retour vers la connaissance

Quels sont les moyens d’accéder à la connaissance

La manière la plus directe pour avoir une connaissance globale et synthétique, pour une question donnée, réside dans la capacité de placer sa conscience et son corps au centre, et « de voir ce qui est là ». Ce chemin vers le centre n’est jamais un état final, un savoir établi une fois pour toutes, mais un processus d’incarnation. Un chemin de conscience, d’éveil à soi et à ce qui est. Un chemin qui suit le désir, cette flèche qui nous guide et nous y pousse, nous anime depuis toujours.

Se tenir au centre, est simple à dire et à faire quand on y est, c’est même enfantin. C’est là que réside la principale difficulté pour un adulte.

Pour un adulte cela demande un ensemble de transformations, un certain regard, une détente et une qualité d’attention et de contemplation. Cela demande une certaine sensibilité, et des moyens de la développer par une pratique. Un art qui amène un dialogue intérieur, non abordé de manière intellectuelle mais physique. Un art qui permet de conscientiser ce processus et de renforcer cette référence physique sur laquelle se reposer. Comme tout dialogue, cela demande une éthique qui accompagne ce processus de dévoilement. Une éthique pour voir ses propres croyances, et traces de mémoires non-soignées, troubler la perception. Enfin, cela demande de prendre soin de ses blessures passées, pour remettre en cause ses propres croyances.

Cette approche de la connaissance, par « l’intérieur », en se plaçant directement au centre, est la plus directe. Mais elle est aussi complètement incompréhensible, voir abstraite, pour qui est trop éparpillé à la périphérie. Ou difficile pour qui n’a pas une pratique « physique » à laquelle se référer, perdu dans son mental et ses fantasmes. Pris par l’idéologie d’une culture dominante qui pousse, dès la petite enfance via l’éducation, à projeter les individus vers « l’extérieur ».

L’autre approche, est de partir de « l’extérieur », c’est à dire d’aborder un sujet par différents champs de connaissance. Et avec un certain guidage, l’on devrait voir émerger ce centre qui est commun à tous les domaines. Cela est beaucoup plus fastidieux et long, et de toute façon incomplet, mais peut permettre de mettre à jour les croyances qui nous conditionnent et réduisent notre perception du réel. Cette approche par l’extérieur n’est qu’une étape, parfois inévitable, pour mieux sauter a l’intérieur.

les 4 champs de connaissances

Luc Bigé exprime très clairement et simplement, dans la vidéo qui suit, les 4 sources d’accès à la connaissance de notre réalité.

J’ai repris son découpage, pour le rendre plus lisible.

connaissance

D’abord le demi-cercle en bas, les modes de connaissance reconnus dans notre culture

  • le champ scientifique qui est une connaissance objective et réductionniste, une mise en « étiquettes » (objets) de la réalité. Une logique explicite qui exprime les transformations de ces objets, associée à une méthode expérimentale pour confirmer l’efficacité et la reproductibilité de cette réduction
  • le champ systémique part du constat, que c’est l’environnement qui nous façonne et qui nous construit. L’approche systémique s’intéresse aux structures, aux schémas de relation entre les existants, à ce qui relie

Dans le demi-cercle en haut sont les connaissances via le sens (et le sensible), qui sont dénigrées ou perçues comme des pré-sciences. Il est courant d’entendre dire que « la science et la technique s’intéressent au comment, pas au pourquoi », c’est-à-dire ne s’intéressent pas au sens qui lui est une meta-physique (hors de la physique).

  • le monde symbolique qui met en relation des sens, des relations entre schémas sémantiques. Monde du sens qui parle à travers le langage oublié, celui de la nature et de l’inconscient.
  • l’approche chamanique et aussi celui que j’appellerais l’expérience, c’est a dire le sens qui transforme l’individu (la partie). Lorsque l’on se ‘connecte’ directement à une information, à une signification qui va nous transformer. C’est donc une perception directe du sens, qui peut être bien plus banale que ces spectaculaires exemples chamaniques.

Ces connaissances par le sens sont majoritairement niées dans notre culture, elles ne sont pas considérées comme sources réelles de connaissances, car non objectivables. Alors que de très grands scientifiques témoignent de l’inverse, Grothendieck par exemple a écrit très explicitement sur ce processus créatif à partir du sens. Et l’on peut se demander où en serait la science, si elle limitait scrupuleusement sa méthode et à ce qu’elle prescrit.

Il est vrai que nombre de charlatans, ou de gourous se servent de ces champs de connaissance du sens pour les détourner, pour avoir du pouvoir sur les autres. Mais tout autant que dans les sciences dures et leur structure de contrôle (de pouvoir), qui sont tout autant peuplées de volonté de pouvoir.

J’y reviendrai ultérieurement plus longuement, mais quel que soit le domaine de connaissances, quel que soit le métier, c’est l’éthique implicite de l’individu qui va conditionner la nature de son résultat. Si objectivement le résultat semblera identique, il ne sera pas du tout le même si la personne est consciemment (ou pas) à la recherche du pouvoir, ou si elle est animée par un désir d’être juste.

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