le régime non-dualiste pour être belle en maillot cet été (2/3)

marche Sikasso

Juste après avoir publié la première partie de cet article, je suis tombé sur une très bonne émission scientifique sur la faim et les régimes, qui va dans le sens de mon propos. Je vais en reprendre quelques extraits pour évoquer les croyances communes sur l’alimentation. Avant de proposer une approche non-dualiste qui rejoint, je m’en rends compte après coup, l’esprit de la sobriété heureuse dont parle très justement Pierre Rabhi.

les régimes ne marchent pas

Les statistiques sur les résultats des régimes sont claires. Un régime ne marche que temporairement sur une courte période, de quelques mois au mieux. Pour 95% à 99% des gens, le poids initial revient et sera souvent dépassé. La volonté peut juste nous permettre de contrôler notre corps pendant quelques jours, voir quelques mois pour les personnes les plus résistantes.

Le besoin de manger est incontrôlable et inconscient, il est autonome, notre corps décide en raison de la recherche d’équilibre profond. Les raisons qui nous font manger nous dépassent très largement. En voulant nous réguler par notre seule volonté, nous ne faisons que déréguler notre corps qui cherche à s’équilibrer.

Comme la plupart des cas des méthodes comportementalistes, et comme expliqué plus en détail dans mon premier article, les régimes ne font que déplacer le problème et créer de nouvelles tensions en donnant l’illusion de contrôle.

Pour un régime non-dualiste

Cela n’a pas vraiment de sens de parler de régime non-dualiste. Il s’agit plutôt d’un regard et d’une autre approche qui aident à se libérer de certains conditionnements. Le but recherché ne sera pas quelques kilogrammes en moins, mais de se sentir bien dans son corps et d’apprendre à ressentir ce point d’équilibre vers lequel le corps tendra naturellement tout seul. Les kilogrammes en moins ne seront qu’une conséquence en plus. Cela ne sera plus un repère extérieur qui va nous guider (la balance) mais notre propre ressenti intérieur qui nous guidera.

Pour y arriver, il s’agira de limiter l’influence des croyances collectives que l’on peut avoir sur la nourriture et de revenir vers des blessures plus personnelles. Partir de l’expérience intérieure amènera à ne plus se poser la question en terme de « comment faire » (quel régime), mais du pourquoi, comprendre « pour quoi » je mange trop?

Se baser sur soi comme unique repère c’est aller vers plus de liberté, et cela demande plus de responsabilité, des capacités à se limiter tout seul sans se contraindre par la force. Cela peut paraître plus exigeant au départ, car par notre éducation, nous ne sommes pas formés à aller vers plus de liberté et de responsabilité, tout au contraire.

Par notre éducation, nous avons développé les compétences d’apprentissage « par l’extérieur », apprendre de nouvelles techniques et méthodes avec ces mécanismes de correction rétrospectifs. Nous excellons même dans la pratique de tourner en rond autour du « comment faire ». Par manque de pratique et par perte de repère corporel, nous sommes souvent coupés de la capacité de partir de l’intérieur, de partir des sens pour aller vers le monde du sens (le pourquoi).

Dit autrement et de manière brève, au lieu de nous aider a (re)trouver notre puissance naturelle, notre société nous a conditionné à utiliser en priorité la force, la volonté de pouvoir et de contrôle.

les fausses croyances de notre société

Avant de pouvoir retourner vers ce qui nous touche personnellement, il est nécessaire de voir déjà les couches de croyances communes sur l’alimentation, qui sont le résultat de conditionnements culturels qui commencent dès la naissance.

il faut manger 3 fois par jour et ne pas sauter de repas

Il n’y a aucune raison physiologique de manger 3 fois par jours autour de la même heure, cela n’est que le résultat d’un conditionnement culturel. Physiologiquement, nous sommes encore des chasseurs/cueilleurs capables de ne pas manger plusieurs jours (voir plusieurs mois). Si l’on n’a pas faim, il n’y a aucune raison de ne pas sauter un repas. Cela ne veut pas dire qu’il faille passer son temps à jeûner, ni se forcer à sauter des repas, mais plutôt à mieux écouter son corps. Apprendre à manger quand on a faim, apprendre a s’arrêter de manger quand on en a plus besoin, et apprendre à sentir quand on mange pour compenser autre chose.

« Moi, il me faut une certaine quantité, sinon j’ai faim »

La croyance de devoir manger une quantité importante pour se sentir rassasié prend racine dans des cultures familiales, mais aussi dans l’inconscient et les traces de manque de nourriture des générations précédentes.

L’appétit ou la faim ne traduisent pas seulement le besoin physiologique de l’organisme. La quantité parle tout autant du besoin de sécurité, du besoin d’amour, d’être apprécié par autrui, ou encore de s’affirmer (par ses choix). L’émission radio explique très bien ces conditionnements qui commencent dès la naissance. Beaucoup de personnes souffrent d’un métabolisme perturbé en voulant inconsciemment apaiser leurs besoins psychiques par la nourriture, la boisson ou le tabac.

Nous verrons dans le prochain article comment aborder ces situations où l’on mange par compensation psychologique. Car c’est le point central.

« En regardant la nourriture, je prends du bide/des hanches »

Nous ne sommes pas égaux face à la façon de produire de la graisse. Nous n’avons pas tous la même physiologie, et elle évolue avec l’âge. Mais il y a de fortes chances de s’éloigner de son point d’équilibre naturel en raison de quantité consommée trop importante par rapport à sa physiologie pour répondre à un besoin de compensation psychique. Il est parfois plus simple d’éviter la culpabilité et de (se) mentir, en disant que l’on stocke plus vite que les autres, alors que les quantités que nous mangeons ne sont pas adaptées à notre corps.

Si par contre nous voulons être plus maigres pour correspondre à une forme extérieure, alors que notre point d’équilibre ne correspond pas à cette image, ce n’est pas notre corps qu’il faut essayer de changer mais nos croyances.

sortir du dictat de la norme

Via les phénomènes mimétiques, nous sommes perméables au dictat de la norme du groupe, et à ses canons de beauté. Il est normal qu’adolescent nous soyons en recherche d’identification et donc très fortement sous l’influence normative des groupes et de ses valeurs, mais il est surprenant de voir une société dite « adulte » se comporter de la même façon.

Si l’on souhaite bien vivre dans son corps tel qu’il est, c’est-à-dire nécessairement imparfait vis-à-vis d’une norme qui n’a pas de réalité, il est bon de découvrir quelles sont les sources d’informations qui nous conditionnent. Et si l’on souhaite réduire les effets toxiques de la publicité, le meilleur moyen est de limiter l’absorption de ces informations.

De nos jours, beaucoup de monde est conscient de l’impact de la publicité et du marketing (qui est au stade des études neurologiques pour être plus performant), et des effets mimétiques du groupe. Mais en même temps, beaucoup agissent comme s’ils n’étaient pas manipulables, comme si l’inconscient ne les concernaient pas et ne touchait que les autres. Cette attitude dénote une faible compréhension de ce qu’est l’inconscient et des effets mimétiques.

En pratique, pour limiter la consommation de publicité, cela revient à limiter la télévision, les journaux, et de plus en plus internet. Cela ne veut pas dire qu’il faille couper tous les canaux d’information. De nos jours, il est tout à fait possible de remplacer ou limiter ces sources de divertissement ou d’information par d’autres qui dépendent moins de ressources publicitaires (même si cela devient de plus en plus difficile).

les églises et la messe de la consommation du samedi

Nos sociétés consuméristes sécularisées n’ont pas fait que remplacer les religions passées, elles ont créé de nouveaux temples de la consommation, les supermarchés et leur centres commerciaux.

Cette idéologie du bonheur construite sur l’appropriation de ce que l’on désire, immédiatement et sans limite. J’y reviendrais plus tard, mais en lui-même ce modèle porte son auto-destruction. C’est par la destruction du désir individuel (et non à cause d’une pénurie de pétrole) que ce modèle engendrera de grandes réactions violentes que l’on peut déjà observer.

La façon d’acheter sa nourriture c’est la base de la consommation, tout le monde doit se nourrir. Le mode de production et de distribution de la nourriture est à la base de tout système idéologique et politique. Et c’est à chacun de prendre conscience que sa façon de nourrir contribue à l’organisation de la société dans laquelle il vit. A chacun de voir qu’elle est sa part du colibri.

  • Le désir de manger commence dès l’acte d’achat

En tant que citadin j’ai remarqué que le fait d’aller au marché, de voir l’apparition des produits, de choisir sur le moment ce qui me donne envie, d’acheter à un producteur avec qui j’échange, cela a un impact direct dans mon désir et sur le plaisir de ce que je vais manger dans la semaine suivante. J’ai remarqué que les périodes ou je mange davantage sont les périodes ou je ne vais pas au marché.

  • la diversité du supermarché c’est un progrès?

Comme expliqué dans le reportage, les produits de la grande distribution sont extrêmement toxiques pour la santé. Mais je note aussi que la fréquentation de ces lieux « éloigne du corps », et pousse à consommer plus de produits.

On néglige l’impact de la laideur des lieux, et l’impact sur notre désir et la façon de manger ultérieurement. On ne voit pas l’impact des régiments de produits alignés et calibrés, et de la disponibilité de tous les fruits et légumes en toute saison. Tout cela capte notre désir par le même effet mimétique que produit une masse d’individus. Plus facile à ressentir, la possibilité d’avoir en toute saison les mêmes produits nous coupe de la terre où l’on vit, de ces rythmes et de ces cycles, cela nous pousse hors-sol.

Contrairement au lieu commun qui pense que plus de choix donne plus de liberté, en réalité les principes de base du marketing nous enferment et orientent notre désir. Au contraire la vraie libération c’est de se limiter, de choisir et favoriser les lieux qui laissent plus de place à notre désir.

Cela ne veut pas dire qu’il faille se couper radicalement de tout supermarché. Mais c’est à chacun de trouver son équilibre qui fluctuera dans le temps. Le plus important à mes yeux pour s’aider à s’ancrer est d’acheter des produits de saisons de la région. Pour les chanceux qui peuvent avoir la place de faire un potager chez eux, c’est l’idéal, car c’est l’occasion se mettre au rythme de la terre.

il n’y a pas de bons ou mauvais aliments

Existerait-il dans l’absolu de bons ou de mauvais aliments? Et faut-il partir à la recherche d’aliments à supprimer. La distinction « entre ce qui est bien et mal absolument » s’inscrit dans la recherche d’une morale absolue, un désir de se plier à une autorité extérieure, qui est sans fondement.

Mieux vaut croire qu’il n’y a pas de mauvais aliments, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises graisses, « tout est bon dans le cochon ». Et il n’y a que l’abus qui est toxique ou dangereux.

Manger un carré ou deux de chocolat ou du gâteau quand on en a envie, sans culpabiliser, ne pose aucun problème et ne fera pas grossir. C’est la quantité ou la culpabilité qui va poser problème.

Retourner a soi

Je n’ai pu aborder que les croyances communes et collectives dans cet article. La prochaine fois, je reparlerais au niveau individuel.

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